Devenir orthophoniste en France demande cinq ans d’études universitaires. Le diplôme s’appelle le certificat de capacité d’orthophoniste, et il confère le grade de master.
L’accès est sélectif et passe par Parcoursup. Les étapes ci-dessous suivent la fiche de l’Onisep, l’organisme public d’information sur les formations. Vous visez la Belgique ? Le métier y porte un autre nom, et la formation diffère : la fin de l’article y revient.
Le métier en quelques lignes
L’orthophoniste prend en charge les troubles de la communication, du langage oral et écrit, de la voix, de la parole, de l’oralité et de la déglutition. Son travail couvre la prévention, le diagnostic, l’évaluation et la rééducation de ces troubles, à tous les âges.
Les situations sont très variées. Le Service public d’information en santé (sante.fr) cite un enfant qui a du mal à apprendre à lire, ou un adulte qui garde les séquelles d’une paralysie, sans oublier les difficultés à avaler.
L’orthophoniste travaille souvent avec d’autres professionnels de santé. Une difficulté de langage peut par exemple conduire à vérifier l’audition, un sujet abordé dans notre article sur la perte auditive.
L’admission : Parcoursup, dossier et entretien
L’Onisep indique que les candidats se préinscrivent sur Parcoursup. L’admission se fait ensuite sur dossier, puis sur entretien.
Les attendus nationaux publiés sur la plateforme donnent une idée claire du profil recherché :
- une solide maîtrise de la langue écrite et orale, et la capacité à comprendre des textes scientifiques comme des textes de sciences humaines
- de bonnes capacités de raisonnement logique et d’analyse, avec un intérêt pour la démarche scientifique, y compris la capacité à se documenter dans au moins une langue étrangère
- des qualités humaines : empathie, bienveillance, écoute, et une aisance pour échanger avec des patients, leur entourage et d’autres soignants
- des compétences d’organisation, pour travailler aussi bien seul qu’en groupe, et une capacité à se remettre en question
Ces attendus ne citent aucune spécialité de lycée. L’entretien fait partie de la sélection, ce qui laisse une place à la motivation et à l’aisance à l’oral.

Cinq ans d’études : ce qu’on y apprend
La formation mêle trois grands blocs d’enseignements, selon l’Onisep : les sciences humaines et sociales, les sciences de la vie et de la santé, et la santé publique. L’objectif est de comprendre le développement, le fonctionnement et les pathologies de la communication et des fonctions associées.
Les cours théoriques sont liés à des mises en situation et à des stages cliniques. C’est là que l’étudiant apprend à faire des bilans, à conduire une rééducation, à accompagner les patients et à évaluer les résultats des soins.
La formation prépare aussi à travailler en coordination avec les autres professionnels de santé, du médico-social et de l’éducation. Elle forme aux actions de prévention et d’éducation thérapeutique.
Où se former
L’Onisep recense des centres de formation rattachés aux universités dans une vingtaine de villes, dont Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nantes, Strasbourg, Montpellier, Nice et Pointe-à-Pitre. La liste à jour figure sur la fiche de l’Onisep et sur Parcoursup.
Le nombre de places est limité dans chaque centre. Mieux vaut donc formuler plusieurs vœux.
Les compétences développées
Au fil des cinq ans, l’étudiant construit un raisonnement clinique. Il apprend à analyser les besoins d’un patient, quel que soit son âge, puis à bâtir un projet thérapeutique adapté.
L’aspect relationnel tient une grande place. Un bilan d’orthophonie se fait avec le patient, mais aussi avec sa famille, l’école ou l’équipe soignante.

Après le diplôme
Le certificat de capacité permet d’exercer. L’orthophoniste peut s’installer en libéral, ou travailler en établissement de santé ou médico-social.
L’Onisep mentionne deux voies pour aller plus loin :
- poursuivre en master, par exemple en santé publique
- après 4 ans d’exercice, préparer le diplôme de cadre de santé, une formation de 10 mois, pour accéder à des postes d’encadrement
La déglutition fait partie du champ de l’orthophonie, un sujet qui croise parfois celui des soins orthodontiques de l’enfant, abordés dans la page sur la prévention des problèmes orthodontiques chez l’enfant.
En Belgique : devenir logopède
En Belgique, le métier équivalent s’appelle logopède. Le SPF Santé publique exige au minimum trois ans de formation dans l’enseignement supérieur, à temps plein. Les diplômés reçoivent ensuite un agrément de leur Communauté, puis un visa du SPF Santé publique, qui autorise l’exercice.
Pour que l’assurance maladie rembourse une partie des séances, le logopède doit aussi demander un numéro INAMI. Côté patient, le remboursement passe par la mutualité. Il faut une prescription médicale, puis l’accord du médecin-conseil de la mutualité, selon l’INAMI.
Avant de vous lancer
Le métier demande de la patience et une vraie écoute, sur des prises en charge qui durent parfois longtemps. Rencontrer un orthophoniste en exercice, ou faire un stage d’observation, aide à savoir si ce quotidien vous correspond.
Les informations officielles à vérifier chaque année restent celles de Parcoursup et de l’Onisep, car les calendriers et les modalités d’admission peuvent évoluer.
Sources
- Onisep, Certificat de capacité d’orthophoniste, onisep.fr.
- SPF Santé publique, Logopède, health.belgium.be.
- Service public d’information en santé, fiche « Orthophoniste », sante.fr.
- INAMI, « Comment demander un remboursement pour un traitement de logopédie ? », inami.fgov.be.



