Ibuprofène, kétoprofène, naproxène : ces anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou AINS, sont parmi les médicaments les plus utilisés contre le mal de dos. Ils soulagent. Mais ils ne guérissent pas une lombalgie, et ils ont des règles d’usage strictes.
Ce que l’on peut attendre d’un anti-inflammatoire
Un AINS calme la douleur et l’inflammation. Pour le dos, son intérêt est de rendre la douleur supportable, pour pouvoir continuer à bouger.
La HAS est claire sur ses limites : aucun médicament n’a prouvé d’efficacité à moyen terme sur l’évolution d’une poussée aiguë de lombalgie. Les antalgiques se prennent pour la durée la plus courte possible, en attendant la guérison spontanée. Le vrai traitement reste l’activité physique adaptée, détaillée dans notre article sur la lombalgie.
Pour une sciatique, l’Assurance Maladie indique que les AINS sont prescrits sur une courte durée, 5 jours maximum, et seulement en l’absence de contre-indication.
Les règles de bon usage
L’ANSM les rappelle pour l’automédication :
- prendre la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte
- arrêter dès que la douleur disparaît
- ne pas dépasser 5 jours en cas de douleur, ni 3 jours en cas de fièvre, sans avis médical
- ne jamais prendre deux AINS en même temps
- éviter les AINS en cas de varicelle
En France, depuis le 15 janvier 2020, le paracétamol, l’ibuprofène et l’aspirine sont placés derrière le comptoir du pharmacien. Ils restent disponibles sans ordonnance, mais le pharmacien est là pour vérifier que le médicament vous convient.
Vérifiez aussi que les autres médicaments que vous prenez n’en contiennent pas déjà, puisque l’ANSM demande de ne jamais associer deux AINS.
Les contre-indications à connaître
Grossesse
Tous les AINS sont contre-indiqués à partir du début du 6e mois de grossesse, rappelle l’ANSM, même en prise unique. Avant, ils ne s’utilisent qu’avec précaution. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.
Estomac
Le Service public d’information en santé (sante.fr) rappelle que l’aspirine et les AINS sont agressifs pour l’estomac. Ils ne doivent pas être utilisés en cas d’ulcère de l’estomac ou du duodénum.
Infection en cours
L’ANSM a mis en garde à plusieurs reprises : l’ibuprofène et le kétoprofène peuvent masquer les signes d’une infection, comme la fièvre ou la douleur, et retarder sa prise en charge. Des complications infectieuses graves ont été rapportées, y compris après 2 à 3 jours de traitement. En cas d’infection courante (angine, toux, infection dentaire, lésion de la peau), l’agence conseille de privilégier le paracétamol.
Autres situations
L’Assurance Maladie cite aussi l’âge parmi les contre-indications possibles. Si vous avez une maladie chronique ou prenez d’autres médicaments, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre un AINS.

Comprimé, gel ou patch ?
Les AINS existent en comprimés, mais aussi en gels et en emplâtres à appliquer sur la peau. Les règles de bon usage et les contre-indications figurent dans la notice de chaque produit, y compris pour les formes locales. Lisez-la, et demandez conseil au pharmacien en cas de doute.
Si vous prenez déjà un anti-inflammatoire au long cours
Pour une maladie rhumatismale par exemple, n’arrêtez pas votre traitement de vous-même. L’ANSM conseille de vous rapprocher de votre médecin en cas de doute, en particulier si vous avez de la fièvre. Les risques d’arrêter un traitement sans avis médical sont expliqués dans une page dédiée.
Quand consulter plutôt que reprendre une boîte
Revoyez votre médecin si :
- la douleur dure au-delà de 5 jours malgré le traitement
- elle descend dans une jambe ou un bras, avec des fourmillements ou une perte de force
- elle s’accompagne de fièvre, d’une perte de poids ou d’une douleur nocturne
- vous ressentez des brûlures d’estomac ou des douleurs abdominales pendant le traitement
Un effet indésirable doit être signalé. La page sur les effets secondaires d’un médicament explique quoi faire selon la situation.
Un anti-inflammatoire est un outil de quelques jours. Ce qui fait guérir le dos, c’est de bouger.
Sources
- ANSM, Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses graves, mis à jour le 28/04/2023.
- Haute Autorité de santé, Prévenir le passage à la chronicité de la lombalgie, communiqué du 4 avril 2019.
- ANSM, « Bon usage du paracétamol et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ces médicaments ne pourront plus être présentés en libre accès », 17/12/2019.
- Assurance Maladie, « Consultation médicale et traitement de la sciatique », ameli.fr.
- Service public d’information en santé, « Fièvre de l’adulte », sante.fr.



